La Menthe

mint-1396017_1280
MENTHE POIVREE (Mentha piperita)

Une de nos plantes culinaires les plus utilisées, la menthe présente également un intérêt majeur en tant que plante médicinale

UN PEU D’HISTOIRE

Comme le note avec humour un moine du IXe siècle auteur d’un traité sur les plantes, » si on voulait énumérer complètement toutes les vertus, sortes et noms de la menthe, on serait capable de dire combien de poissons nagent dans la mer Rouge… « 

C’est la menthe poivrée (Mentha piperita), appréciée pour sa finesse et sa richesse en essence aromatique qui a la vedette tant en pharmacie et cosmétologie qu’en confiserie ou dans la fabrication de liqueurs et boissons, mais toutes les espèces possèdent des propriétés identiques qui leur ont valu d’être largement utilisées depuis la plus lointaine antiquité.

Selon la mythologie grecque, la nymphe Minthe se serait transformée en plante, Le latin mentha ainsi que le grec minthé dérivent d’une langue antérieure à l’indoeuropéen. Diverses sortes de menthe comptaient parmi les herbes médicinales de la Chine ancienne. Les Japonais se servent du menthol comme remède depuis déjà 2000 ans. Près de Abdel-Quarnah, on a trouvé des restes de menthe dans des tombeaux de l’ancienne Egypte datant de 1200 à 600 ans av. J.-C. Dioscoride décrit la menthe comme une plante bonne pour l’estomac et son contemporain Pline la recommande contre les douleurs abdominales et les maux biliaires: «elle apaise les maux d’estomac et chasse les vers des intestins». Les Grecs du temps de Périclès en font un parfum ; les Hébreux également, d’où le reproche que Jésus adresse aux scribes et pharisiens qui dépensaient sans compter pour s’en procurer est négligeaient la justice et la miséricorde. Les Romains en mettent dans leur vin pour l’aromatiser et l’incorporent à la plupart de leurs sauces ; leurs femmes mâchent une pâte faite de menthe et de miel pour avoir l’haleine fraîche et ainsi masquer l’odeur du vin qu’elles boivent en cachette à l’époque où la loi punit de mort celles qui useraient d’un breuvage réservé aux hommes et aux dieux. Pline recommande à ceux qui étudient de se ceindre la tête d’une couronne de menthe tressée car elle réjouit l’âme et donc est bonne pour l’esprit, mais il en déconseille l’usage aux amoureux parce que, comme Hippocrate et Aristote, il la juge « contraire à la génération  » (les Grecs étaient d’un avis opposé : ils interdissent à leurs soldats de manger de la menthe car, disaient-ils, elle incite tant à l’amour qu’elle diminue le courage).                                                            

La menthe constitue également un des principaux moyens de lutte contre la vermine, surtout la menthe pouliot (son nom vient d’ailleurs de pulex : puce en latin ; on en jonche le sol, on en met dans les lits, et même dans les sacs de grain ou près des fromages parce que son odeur chasse aussi les souris. Enfin, à toutes les époques, elle est la providence des mères de famille en raison de ses vertus thérapeutiques : elle est rafraîchissante, antiseptique, digestive, expectorante, antispasmodique, tonique.